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L1 : RECRUTES AU BRESIL, ILS ONT SEDUIT LA LIGUE 1 UBER EATS

Alors que l’OM a recruté Gerson, quelles sont les meilleures acclimatations des joueurs brésiliens venus directement de leur pays en Ligue 1 Uber Eats ?

Par AnthonyVivien 03 juillet 2021

L’Olympique de Marseille a frappé fort en signant le Brésilien Gerson pour sa deuxième recrue estivale dans ce mercato de Ligue 1 Uber Eats. A 23 ans, le milieu va connaître sa deuxième expérience européenne après celle en Italie entre 2016 et 2019 à la Roma puis à la Fiorentina. A l’époque, celui qui était attendu comme le successeur de Totti du haut de ses 19 ans n’a pas résisté à la pression de la capitaine italienne. Son prêt au sein de la Viola de Stefano Pioli a été bien plus réussi. Mais cette éclaircie n’a pas empêché son retour au Brésil, à Flamengo, où il s’est imposé comme l’un des meilleurs joueurs du championnat. Ancien milieu offensif, Gerson s’est affirmé comme un brillant relayeur. A l’Olympique de Marseille, la recrue brésilienne tentera de vivre une seconde expérience en Europe plus réjouissante que la première, en s’inscrivant par exemple dans la lignée de Luiz Gustavo, brillant olympien (2017-2019) qui avait lui déjà roulé sa bosse sur le Vieux continent pendant dix saisons de Bundesliga avant de rejoindre la cité phocéenne.

Après Luis Henrique, Gerson à l’OM

Les clubs de Ligue 1 Uber Eats ont souvent misé sur les talents brésiliens. Avant Gerson, ils sont 217 à avoir déjà évolué sur les pelouses françaises avant cette saison 2021/22. Et certains ont été recrutés directement au Brésil. Et parmi ceux-ci, comme pour la recrue de l’OM, des joueurs avaient auparavant déjà tenté leur chance en Europe.

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@OM

Du côté des joueurs ayant évolué dans le championnat lors de la saison écoulée, deux jeunes ont montré un besoin de temps pour s’acclimater : Robson Bambu (23 ans) à Nice et Luis Henrique (19 ans) à l’OM. A l’image de l’attaquant marseillais (19 matchs et 5 passes décisives), la confiance s’est installée une fois le délai d’intégration passé.

Meilleurs la 2e fois !

L’acclimatation s’avère déterminante dans l’épanouissement des Brésiliens. Ce qui peut expliquer les réussites des nouvelles tentatives en Europe de joueurs comme Dante, Wendel, Bastos, Cris et cette saison Caio Henrique ; comme cela sera donc le cas pour Gerson à l’OM. A l’AS Monaco par exemple, le latéral de 23 ans s’est révélé comme l’un des meilleurs joueurs de côté de la saison, lui qui était passé par l’Atlético Madrid.

La fiche technique de Caio Henrique, latéral gauche de l'AS Monaco

@AS Monaco

Après les précurseurs Yeso Amalfi, Pires Constantino (320 matchs et 64 buts avec Nîmes, Lyon et Marseille) dans les années 50-60, Carlos Ruiter (129 matchs et 53 buts avec Bordeaux et Monaco), et les deux stars de l’OM Jairzinho (18 matchs et 9 buts) et Paulo César (31 matchs et 16 buts) dans les années 60-70, le nombre de Brésiliens passés par le championnat de France a sensiblement augmenté. S’il y a bien eu quelques déceptions dans les recrutements faits au Brésil, les réussites et les surprises (Juninho, Ederson, Maicon, Malcom…) ont été bien plus nombreuses avec notamment les plus français des Brésiliens comme Ilan (237 matchs et 58 buts), Jussiê (266 matchs et 45 buts) et Felipe Saad, tous recruté dans leur championnat.

Retrouvez les plus belles acclimatations des joueurs brésiliens débarqués directement de leur pays.
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Cris, Bastos, Dante et Wendel : des exemples à suivre

Lors de sa première expérience en Europe, Cris n’avait que très peu goûté son passage à Leverkusen en 2003. Après un retour aux sources au Cruzeiro, celui qui deviendra « le policier » à l’Olympique Lyonnais a glané 4 titres de champion de France avec les Gones (225 matchs et 20 buts) avec un statut d’incontournable, illustré par ses trois présences au sein du 11-type de la saison en 2005, 2006 et 2007.

Cris, le «policier» de l'OL

@OL

Également passé par l’OL (2009-13), Michel Bastos a lui aussi pu davantage montrer son réel visage en France lors de sa 2e expérience sur le Vieux Continent, d’abord au LOSC entre 2006 et 2009, plutôt qu’aux Pays-Bas pour ses débuts professionnels à ses 18 ans. Une exposition qui lui a permis de toucher à la sélection auriverde à dix reprises pendant sa période française.

Même chose pour Dante. Le défenseur brésilien a pris de l’expérience en deux saisons et demie passées au LOSC à 20 ans. Celle qui lui a permis de s’imposer plus tard en Belgique (double champion avec Liège) et surtout en Allemagne avec 9 titres remportés avec le Bayern Munich. C’est en international que Dante est revenu en Ligue 1 Uber Eats pour connaître une toute autre expérience avec l’OGC Nice, à 32 ans.

Nice : Dante va prolonger

@OGC Nice

Revenir au Brésil pour mieux en repartir a aussi été la stratégie adoptée par Wendel. A Bordeaux, le gaucher a passé cinq belles saisons avec notamment un titre de champion en 2009 avec Laurent Blanc ; lui qui était venu de Santos après une première découverte express de l’Europe au Portugal (15 matchs au CD National). Cris, Dante, Bastos et Wendel sont autant de profils dont les parcours font penser à la recrue brésilienne de l’OM cet été.

Juninho, la plus belle des réussites !

Dans un autre registre, le recrutement effectué au Brésil qui a le plus réussi est sans doute celui de Juninho. A l’Olympique Lyonnais, le milieu brésilien – qui n’avait encore jamais posé le pied sur le Vieux Continent – a symbolisé l’archi domination des Gones sur le championnat avec le septuplé entre 2002 et 2008. Mais « Juni » était déjà un solide joueur en Amérique du Sud avant de révéler comme le meilleur joueur de Ligue 1. International avec son club de Vasco de Gama, il comptait à 26 ans deux titres de champion du Brésil et une victoire en Copa Libertadores.

Juninho, le roi Lyon - Le Parisien

@Le Parisien

L’Olympique Lyonnais est historiquement un club qui a connu une grande réussite avec ses joueurs venus du Brésil. La liste est large et compte principalement Marcelo Dijan, le premier d’entre eux, les champions de France Caçapa, Cris, Juninho, Fred, Nilmar, Edmilson et dernièrement Guimaraes.

L’ASNL, une terre auriverde

Moins attendu, Demetrius Ferreira a fait son trou en Ligue 1 en débutant par un prêt à l’AS Nancy Lorraine, en provenance de Guarani à l’été 1998. Malgré le climat semi-continental présent en Lorraine, son adaptation a été si rapide que le club nancéien a transféré le joueur au bout de six mois. La présence de Pablo Correa dans l’équipe a grandement contribué à sa bonne intégration. Après cette réussite du président Rousselot, l’ASNL a continué dans le recrutement de Brésiliens dénichés au pays, à l’image de celui qui est devenu une icône en sept saisons à Picot, le défenseur André Luiz (253 matchs et 20 buts en Ligue 1). Tout aussi surprenante, la venue de l’international Julio César à Brest dans la foulée du Mondial 1986. Une découverte qui a conduit le défenseur à s’inscrire dans la durée en Europe et avec réussite, du côté de Montpellier (1987-1990), puis à la Juventus et à Dortmund.

ASNL - Site officiel de l'AS Nancy Lorraine

@ASNL

D’autres profils ont eux aussi trouvé fortune ailleurs, mais sans avoir trouvé leurs repaires en France ; tels Luis Fabiano, devenu un des meilleurs attaquants brésiliens à Séville et international après avoir été une déception au Stade Rennais, et Miranda, dont la modeste aventure sochalienne en 2005/2006 a lancé une carrière internationale de premier plan (57 sélections) pour ce défenseur qui s’est ensuite imposé à l’Atlético et à l’Inter.

Alex-Aloisio : le duo des Verts !

Un souci que n’ont pas rencontré les inconnus à leur arrivée, Alex (71 matchs et 31 buts avec l’ASSE et le PSG) et Aloisio (93 matchs et 24 buts avec l’ASSE et le PSG), recrutés par l’AS Saint-Etienne du côté de Goias en 1997. Leur première saison française a même été leur meilleure, avec 15 buts pour le premier et huit pour le second. Dès leurs premières apparitions, leur entente a été idyllique. Ils ont permis aux Verts de renverser Nancy avec un but d’Alex, 9 minutes après son entrée en jeu, et un d’Aloisio en fin de partie sur un service de son compère. En décembre, Alex a signé le chef d’œuvre de son passage en Ligue 1 avec un quadruplé historique face à l’OM dans le Chaudron (5-1). Si leur acclimatation à la France a été express, les deux attaquants se sont moins mis en évidence par la suite, notamment au PSG.

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@Le Progrès

Depuis les années 90, Bordeaux fait partie des clubs qui ont le plus misé sur des Brésiliens. Parmi ceux arrivés directement du pays, Eduardo Costa (133 matchs et 5 buts en Ligue 1) fait partie de ceux qui ont été les plus appréciés par les supporters, avec ses qualités défensives et un abattage de tous les instants. Avant lui, les Girondins avaient permis à Marcio Santos de disputer la Coupe du Monde 1994. Le défenseur (56 matchs avec Bordeaux) était arrivé en 1992 de Botafogo, tout comme l’international Valdeir (meilleur buteur du club en 94/95), au sein d’un promu ambitieux. Plus tard, le latéral Mariano, mais aussi Henrique, passé neuf ans au club entre 2005 et 2014 avec un titre de champion en 2009 glané aux côtés des Jussiê, Fernando et Wendel, se sont aussi parfaitement intégré à l’occasion de leur première expérience en dehors du Brésil. Une tendance confirmée plus récemment avec Pablo, Otavio et plus encore Malcom (2016-18). Le gaucher (84 matchs et 20 buts) a trouvé en Girondin et en Ligue 1 un superbe terrain d’expression pour se mettre en évidence.

PSG : Raï, le temps de la réussite

Enfin, il y a ceux du PSG. Certains ont rapidement trouvé leur marque. Forcément, le nom de Ronaldinho est l’un de ceux qui remontent le plus vite à la surface. La Ligue 1 a été le premier championnat européen du phénomène. Quand il débarque du Gremio au Paris Saint-Germain à 21 ans, Ronnie bâtit les fondations de sa grande carrière qui l’a conduit au Ballon d’Or (2005) à la victoire en Coupe du Monde (2002) ou encore à la Ligue des Champions (2006).

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@Sport

L’autre Brésilien de renom est Raï. A l’annonce de son transfert en 1994, l’impressionnant n°10 de la Seleção suscite l’excitation du côté des Parisiens qui ont en tête son coup franc en Coupe Intercontinentale face au Barça de Cruyff (2-0). Mais l’adaptation est laborieuse. « Ce n’était pas évidente, d’abord en dehors du foot, le froid, la langue… ensuite au niveau du jeu, chez nous c’est plus technique, plus concentré dans les espaces alors qu’ici, ce sont de longues passes, un jeu physique et il m’a fallu presque une saison pour m’y adapter. ». Heureusement pour la suite et la réussite à venir pour lui et le club, le Paris SG lui fait confiance et après une saison 93/94 chaotique malgré le titre de champion de France, Raï revient en transfiguré et en champion du monde. Il y restera 5 saisons pour 147 matchs et 51 buts inscrits en Ligue 1. Sans compter les coups d’éclats et le brassard de capitaine porté.

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@France Bleu