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EXCLU : MOHAMED OUADAH (USL DUNKERQUE/L2)

Mohamed Ouadah (26 ans) n’en finit plus de gravir les échelons. Après le CMS Oissel (de 2014 à 2019), Bastia-Borgo (en N1, 21 matches, 4 buts, 4 passes décisives) et Laval (en N1, 29 matches, 8 buts, 3 passes décisives), le milieu offensif vient de s’engager avec Dunkerque (L2). La Team Billion Keys est allée recueillir les clés de sa réussite !

Par AnthonyVivien 09 juillet 2021

Toutes nos félicitations Mohamed pour la signature de ton premier contrat pro ! Tes impressions ?

Merci BK ! C’est forcément une très grande satisfaction. Lors de mon arrivée au Stade Lavallois, je m’étais donné pour objectif de signer un contrat pro par la suite. Je me suis donné les moyens d’y parvenir et j’ai réussi. N’ayant jamais fréquenté un centre de formation, j’a dû travailler dur pour me faire remarquer. Je ne suis pas passé par de grands clubs. Plusieurs coachs n’ont pas cru en moi. J’ai même joué en PH et en DH. Tout n’a pas donc pas été facile, mais j’y ai toujours cru.

As-tu parfois douter de ta réussite pour atteindre le haut niveau ?

Il y a une année où j’ai vraiment voulu arrêter le football. Vers 18 ans, je n’avais plus trop la tête à cela. Je n’avais pas obtenu mon baccalauréat, j’étais un peu en pleine crise identitaire. L’âge bête ! Pourtant je venais de réaliser une saison pleine avec les U19 Nationaux de l’AS Beauvais. Le club voulait me conserver. D’autres clubs s’intéressaient à moi également, sans que je ne le sache. Du coup, je suis parti de Beauvais, sans avoir d’autre club. J’étais vraiment convaincu à l’idée d’arrêter.

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@USL Dunkerque

Devant cette situation, mon grand-frère m’a motivé pour rejouer et m’a fait comprendre qu’il fallait se battre pour atteindre nos rêves. Je me suis entraîné avec la réserve du CMS Oissel en DH. Tout est véritablement parti de là ! A partir du moment où j’ai eu une licence de football, j’y ai toujours cru. Il s’agissait d’une petite période de flottement.

Après la découverte du football sénior à Oissel, tu t’envoles pour la Corse ! Véritable tremplin ?

Bien que n’ayant jamais connu le National, Bastia-Borgo me recrute. Après une adaptation très réussie, j’y ai réalisé une saison pleine. En fin de saison, je me suis mis d’accord avec le club de Grenoble pour le rejoindre. Le contrat était même signé ! Finalement, les deux clubs ne se sont pas mis d’accord. C’est ainsi que j’ai atterri à Laval, après être entré en conflit avec mon club. Sinon, oui, Bastia-Borgo m’a vraiment servi de tremplin. Ensuite, j’ai fini meilleur passeur et deuxième meilleur buteur au Stade Lavallois. Une saison vraiment réussie. J’avais un contrat Fédéral.

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@Corse Matin

Quelques jours après avoir paraphé ton premier contrat pro, réalises-tu réellement avoir décroché ce graal ?

Au début, on ne réalise pas tant que ça. On est quand même heureux, dans l’euphorie du moment. Mais plus que signer le contrat, c’est surtout lorsqu’on s’entraîne la première fois avec des nouveaux partenaires qu’on s’en rend compte davantage. Quand on reprend le travail sur le terrain, c’est vraiment là qu’on réalise qu’il s’agit d’un cran au-dessus.

Tu arrives du National vers la Ligue 2. Ressens-tu une classe d’écart ?

J’ai été très bien accueilli. Il y a un bon groupe, on sent que ça vit bien. Il y a quelque chose qui se passe. N’ayant signé que le 1er juillet, j’ai un peu de retard sur le plan physique. Le groupe a repris mi-juin. Depuis que j’ai arrêté la saison avec Laval, j’ai pris dix jours de vacances. Ensuite, je me suis entretenu, je ne me suis pas laissé aller.

Le club veut s’installer en L2, plutôt normal pour un promu. On va jouer le maintien, c’est logique. Le plus dur est bien souvent la seconde année, celle de la confirmation.

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@Ouest France

Si tu avais dû rempiler avec le Stade Lavallois, aurais-tu été frustré ?

J’avais plusieurs propositions de clubs. J’aurais également pu signer un contrat pro en National. Mais je voulais aller à l’étage au-dessus. C’était un objectif ! Quand j’ai vu que ça prenait un peu de temps, je n’ai pas hésité pour accepter la première offre concrète qui se présenterait à moi.

Quelles sont tes ambitions pour la saison à venir ?

Le staff technique m’a clairement fait comprendre qu’il comptait sur moi. Si je suis bon à l’entraînement et quand le coach aura besoin de moi, forcément je vais jouer. Tout sera également une question de concurrence. Il faudra cravacher pour se démarquer. C’est le foot !

Football : Mohamed Ouadah rejoint la Ligue 2

@Paris Normandie

Bien travailler à l’école est-ce indispensable pour devenir footballeur professionnel ?

Indispensable non, mais pour entrer dans un cadre il faut être apte à le suivre. L’école est une forme d’éducation. Si le jeune est dissipé, comme dans le football, ça ne pourra pas le faire. Respecter des horaires fixes, être assidu, bosser, tout ça s’apprend à l’école puis se répercute dans le sport. L’un ne va pas sans l’autre. Ce n’est pas essentiel, mais c’est important. Le comportement adopté à l’école sera le même à l’extérieur.

Ton rapport au football a t’il évolué avec le temps ?

Quand on est enfant, on voit le football comme un loisir, même si on veut tous devenir footballeur professionnel. Moi, c’est simple, pour être bon il faut que je prenne du plaisir ! Si je vais à l’entraînement sans plaisir, quel intérêt ? Je suis heureux tous les matins de me lever. Des milliers voire des millions de personnes aimeraient pouvoir vivre de leur passion. Nous sommes donc des privilégiés. C’est une passion, ça reste un plaisir même si c’est devenu mon métier.

Prends-tu plus de plaisir à marquer ou faire marquer ?

Franchement, c’est kif-kif ! Que je passe pour faire marquer ou que je marque, pour moi c’est pareil. Quoiqu’il arrive je serai content. Personnellement je pense collectif, mais la victoire avant tout.

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@Ouest France

Tes ambitions sur le plan international ?

Je suis Algérien. Je suis très très loin de l’équipe A. Même si dans le football tout peut aller vite ! A mon poste il y a de très grands joueurs. Il y a Benrahma qui joue en Premier League, Ghezzal en D1 Turque, Ounas, Ferhat, Boulaya… Ces mecs-là ne sont parfois pas titulaires ! Et pourtant ils sont très forts. Je suis réaliste. C’est toujours un plaisir, une vraie fierté de regarder cette équipe. C’est plus qu’un rêve de défendre ce maillot. Voir l’Algérie remporter la CAN fut extraordinaire. 

Quelles sont les clés de ta réussite ?

Premièrement c’est le travail ! Ensuite, la confiance en soi, en ses qualités. Si tu arrives sur le terrain en te disant que ça ne va pas passer ou que tu te poses trop de questions, tu vas te convaincre que tu n’y arriveras pas et donc forcément ça ne le fera pas… Il faut entrer sur le terrain avec des ambitions ! Ca s’appelle la détermination. Il faut également être très bien entouré, c’est important. Si on est entouré de personnes pessimistes, malveillantes à chaque petit faux-pas, elles vont déteindre sur nous ! Peut-être inconsciemment… C’est comme coller un fruit mûr avec un fruit pourri, à un moment donné le fruit mûr va pourrir aussi. C’est pareil pour les hommes. Etre bien entouré ne peut qu’aider un joueur pour sa carrière.


Retrouvez Mohamed Ouadah sur Instagram.


Profil

Nom : Ouadah

Prénom : Mohamed

Né le : 31 août 1994

À : Louviers (27)

Taille : 1m75

Poids :  kg

Poste : Milieu de terrain

Pied : Droit

Clubs successifs : Louviers – SC Amiens – AS Beauvais – CMS Oissel (2014-2019) – Bastia-Borgo (2019-2020) – Stade Lavallois (2020-2021) – USL Dunkerque (depuis juillet 2021)

Nationalité sportive : Algérienne

Sélections : Néant

Palmarès : Néant