Actualités

MORY DIAW

Par AnthonyVivien 18 mai 2021

Mory, comment se passe ta saison avec le FC Lausanne-Sport, promu en D1 Suisse ?

Ca va très bien, nous avons atteint l’objectif du maintien en D1 la semaine passée, suite à notre victoire (4-1) sur la pelouse du Servette de Genève. Il s’agissait en plus d’un derby ! J’ai disputé 34 rencontres sur 36 en championnat. C’est ma saison la plus aboutie. Globalement, ça s’est bien passé pour moi. Je commence à me faire un nom en Suisse.

Pourtant tout n’a pas toujours été aisé pour toi depuis ton départ du PSG…As-tu pensé ne jamais pouvoir t’installer au plus haut niveau ?

Franchement, j’ai connu beaucoup de moments de doute, mais j’ai bossé dur pour me tenir prêt au moment où ma chance se présenterait. Ca a mis un peu plus de temps que prévu, mais je savais de quoi j’étais capable. Mon vrai plaisir est d’être sur le terrain. J’ai repris goût au football depuis que j’évolue à Lausanne.

Où as-tu puisé cette énergie pour remonter la pente ?

Ma famille a véritablement été d’un soutien capital. Mes proches et mes amis m’ont beaucoup soutenu, ça n’a jamais changé. La religion a joué un grand rôle également. Avoir la foi m’a permis de ne jamais lâcher. Le travail paye toujours.

Rien n’était fait pour autant, puisque tu as signé en tant que doublure en juillet 2019. Es-tu surpris par cette évolution rapide ?

C’est vrai, je suis arrivé en tant que gardien N°2. J’ai démarré sur le banc. Puis j’ai eu ma chance lors du sprint final pour la montée en D1. J’ai réalisé des belles performances avec plusieurs clean-sheets décisifs. Etre titulaire en D1 est une belle récompense pour tout mon travail effectué. Forcément, ça fait extrêmement plaisir. Voir également que les spécialistes parlent de moi en bien à la télévision m’encourage à donner encore plus !

Quel est le niveau de la Super League Suisse ?

Il y a beaucoup de jeunes joueurs talentueux. Ce n’est pas pour rien que les clubs français et surtout les club allemands viennent recruter dans ce championnat. Il y a un véritable vivier ! Même si le travail de formation n’est pas aussi poussé qu’en France, il y a vraiment de très bons jeunes joueurs. Et je sais de quoi je parle pour avoir côtoyé ceux du PSG. J’ai été agréablement surpris par la qualité des jeunes joueurs locaux.

Dans quels domaines as-tu le plus progressé depuis que tu es professionnel ?

Incontestablement sur le plan de la concentration. Il m’arrivait parfois d’avoir des absences pendant une rencontre, c’est beaucoup moins fréquent dorénavant. J’ai également progressé dans le jeu au pied, mais aussi dans les airs.

Comment gères-tu la concurrence entre gardiens de but ?

Ce n’est pas la guerre, mais chacun se donne à fond lors de chaque entraînement pour gagner sa place. Lors de mon arrivée au club, le gardien titulaire était performant mais l’équipe a connu une période plus délicate. On m’a offert l’opportunité de jouer. J’ai enchaîné les bonnes performances, au point de ne plus céder ma place. Malgré ça, notre entente est bonne. On se pousse mutuellement à être meilleur pour le bien de notre équipe.

Quelles sont les ambitions du club pour la saison prochaine ?

Déjà celui du maintien est acquis pour cette saison. C’est une belle performance pour un promu, surtout que la quasi-totalité de l’effectif n’avait jamais joué en D1. On va déjà savourer cela, puis nous verrons dans quelques temps les ambitions affichées par le staff. Beaucoup de joueurs étaient prêtés, il faut espérer que ça ne déstabilise pas trop l’équipe.

Vivre à Lausanne est-ce très différent de vivre à Paris ?

Oh que oui ! Dès mon arrivée, j’ai ressenti une tranquillité comme nulle part j’avais vécu cela. C’est très apaisant. Ca me change des motos cross à 4 heures du matin ! (rires)

Est-ce plus compliqué de stopper un attaquant qui se présente à toi balle au pied ou bien de donner le biberon à ton nouveau né en plein milieu de la nuit ?

Donner le biberon, ce n’est que du bonheur ! C’est une sensation indescriptible. Il faut le vivre pour le comprendre. Mes potes me chambraient souvent vis-à-vis des couches à changer… Mais on s’y fait ! Franchement, c’est plus dur de stopper un attaquant ! (rires)

La VAR a-t-elle changé ta façon de défendre ton but ?

Personnellement, non. Ce sont surtout les défenseurs qui ont du adapter leur façon de jouer.

En parlant d’adaptation, qu’en est-il concernant la crise sanitaire ?

Plusieurs joueurs de l’équipe ont été touchés par le virus. On a dû composer sans eux lors de certains matchs. Le plus dur à vivre est de jouer dans des stades vides. Les supporters nous manquent terriblement. Lors des derniers matchs de la saison, une centaine de personnes ont pu assister à nos rencontres, mais cela ne remplace pas un stade plein. En plus, nous avons un stade flambant neuf ! Nous sommes pressés d’y vivre de grandes émotions.

En tant que révélation de la Super League, ambitionnes-tu d’intégrer la sélection du Sénégal ?

J’y pense forcément. Une chose est certaine, je me donne à 100% pour atteindre cet objectif. Il y a de très bons gardiens déjà en place, mais j’espère être appelé parmi les trois qui disputeront la prochaine CAN.

Ce mardi soir, Didier Deschamps a retenu tes potes de formation, que sont Mike Maignan et Adrien Rabiot. Heureux pour eux ?

Nous étions tous les trois inséparables au centre. Les voir à ce niveau n’a rien d’étonnant, ils le méritent amplement. Mike réalise une saison exceptionnelle avec le LOSC, en enchaînant les clean-sheets. Quant à Adrien, il s’est imposé à la Juventus Turin, l’un des plus grands clubs du monde. Je suis très fier de leur réussite !

Avant de se quitter, quelles sont selon toi les clés de la réussite pour devenir footballeur professionnel et surtout le rester ?

D’apprendre à bien connaître son corps. Plus jeune, je n’avais pas conscience de cela. On a vite fait d’être tenté d’accompagner des amis qui vont au restaurant. Une bonne alimentation est primordiale, tout comme le sommeil. Ca permet d’être en forme pour travailler dur lors des entraînements. Rien ne sert d’en faire trop, il faut savoir travailler les aspects dont on a besoin. Ca peut être dans le domaine aérien, le jeu au pied, les relances… Il faut savoir doser les charges. Et puis on ne le dira jamais assez, le mental ! Le football est un monde de rapaces, seuls les plus forts mentalement s’en sortent.


Suivez Mory Diaw sur Instagram


Profil

Nom : Diaw
Prénom : Mory
Né le : 28 juin 1993
A : Poissy (78)
Taille : 1m97
Poids : 88Kg
Poste : Gardien de But
Pied : Droit
Clubs successifs : AS Poissy (00/08) – FC Versailles (08/09) – PSG (09/15) – CD Mafra (15/17) – Lokomotiv Plovdiv (2017) – FC United Zürich (2019) – FC Lausanne-Sport (depuis juillet 2019)
Nationalité : Franco-Sénégalais
Sélections : Néant
Palmarès : Néant