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Djilalli Bekkar (AFC Compiègne/R1) : “Le club a dû s’adapter à ma grinta parisienne !”

Interview exclusive 100% BK avec Djilalli Bekkar, coach de l’AFC Compiègne (R1), qui a décroché avec son équipe l’accession en N3 après avoir remporté son championnat devant Cambrai et Chaumont-en-Vexin. Ce technicien de 41 ans, en poste depuis 2019, nous fait part de ses clés de la réussite !

Par Rédaction 15 juin 2022

 

Djilalli, toutes nos félicitations pour la montée en N3. Quels sont tes sentiments après cette très belle performance ?

“J’ai le sentiment du devoir accompli. Il s’agit de ma 3e année au club, tout en sachant que les deux premières le furent pendant la crise sanitaire. Le club avait pour projet de retrouver le niveau fédéral, c’est donc une première étape réussie. Je suis forcément satisfait.”

Quels sont les principaux paramètres de ta réussite ?

“J’en vois principalement deux. Tout d’abord, j’ai beaucoup travaillé pour m’imprégner du football local. Certes j’avais joué dans ce club par le passé (2010 à 2011), mais dix années se sont écoulées. J’ai cherché à connaître le niveau de tous nos adversaires. J’ai fait un gros travail d’investigation et d’observation. Arrivant d’une autre région, ce championnat était tout nouveau pour moi. Ensuite, j’ai réalisé un recrutement avec des hommes qui sauraient répondre rapidement à mes attentes. L’arrêt des compétitions pour cause de Covid-19 m’a permis là-aussi de bien cibler les profils souhaités.”

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Ton effectif est composé de très nombreux jeunes joueurs. Pari risqué ?

“C’est une obligation économique. En effet, les joueurs d’expérience coûtent chers. De ce fait, il a fallu trouver des joueurs à forts potentiels mais à prix abordable. On a donc misé sur des joueurs locaux talentueux, des jeunes des alentours ambitieux et quelques recrues au vécu intéressant.”

Quels leviers as-tu utilisé pour motiver tes joueurs sur la durée ?

“Ca, c’est le critère le plus difficile dans le management d’une équipe. Il a fallu faire fédérer tout un groupe autour d’un même projet. Pour cela, je leur ai expliqué que le club souhaitait monter en N3. Le but était de construire quelque chose avec eux sur plusieurs années, de les impliquer sur la durée. Ensuite, j’ai tablé sur ma personnalité car j’aime gagner et je suis exigeant. J’ai voulu leur transmettre cette envie de remporter des titres car on ne retient que les vainqueurs. Bien évidemment, il y a des périodes où je me demandais si chaque joueur savait où il allait, l’essentiel était donc de les garder concernés.

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Le succès d’une équipe est bien souvent du à la bonne entente au sein des dirigeants. As-tu senti un réel soutien des membres actifs du club ?

“Je connaissais l’environnement pour y avoir déjà joué. Ce club a déjà évolué en N2 par le passé, l’envie a donc toujours été de retrouver au moins ce niveau. Le Président du club a toujours suivi mon parcours selon ses dires, notamment celui d’entraîneur. J’ai eu pas mal de réussite avec mes équipes en remportant des titres et en décrochant des accessions. Pour lui, j’étais l’homme de la situation pour relever ce challenge. Notre montée en N3 lui donne raison ! Il ne connaissait pas ma façon de faire, mais j’ai senti une réelle confiance depuis mon arrivée à l’AFC. On a eu matière à échanger. Il a fallu que le club s’adapte à ma « grinta parisienne », qui peut parfois être mal perçue. Je suis venu pour monter, ce qui était une ambition commune. J’espère que l’on va continuer sur cette dynamique, l’objectif étant de retrouve le N2 sous trois ans.”

Le club a créé un groupe Espoir. Les jeunes du club vont-ils réellement avoir leur chance en N3 ?

“Il n’y a rien de révolutionnaire, même si c’est un peu atypique. Plusieurs joueurs de 16 et 17 ans se sont déjà entraînés avec nous. Ils ont évolué avec la réserve. On espère leur donner un maximum de clés pour accélérer leur formation et ainsi s’immiscer dans le groupe fanion. Avec le Covid-19, on s’est aperçus que les joueurs qui habitaient loin avaient eu des difficultés pour venir s’entraîner. Nous souhaitons anticiper cela en privilégiant des joueurs du cru. Il y a un vivier très intéressant sur la région de Compiègne, autant s’en servir !”

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Quelles seront les ambitions pour la prochaine saison ?

“On espère un bon maintien, pour prendre le pli de la division. Le groupe est jeune ce qui peut être un inconvénient. Beaucoup de joueurs vont découvrir le N3. Il faudra prendre nos marques très rapidement. Avec 30 points, c’est le maintien. Avec 40 points, c’est le confort. Avec 50 points, c’est la montée. Pour notre première saison, on vise les 40 points, le plus vite possible. Mais si on peut jouer le haut du tableau, on ne se privera pas. Nous avons beaucoup d’ambitions, mais nous sommes aussi préparés à jouer le maintien si tel venait à être le cas. Le club est prêt, car il possède un vécu. Si on joue à notre niveau, sincèrement nous aurons de quoi faire. Il y aura forcément une part d’incertitude au premier coup de sifflet de la saison. Je vais tout faire pour mettre dans les meilleures dispositions possibles mon équipe, en m’appuyant sur mon expérience du N3 que je connais très bien pour y avoir évolué. Dans tous les cas, ce sera une année pour apprendre.”

On te laisse le mot de la fin pour leur adresser un message… 

“. »

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Djilalli Bekkar

Poste : Coach

Club : AFC Compiègne

Né le : 04 juin 1981 (41 ans)

Stats 2021/22 en R1 (groupe C/Hauts-de-France) : 1er – 20 matches (15V-2N-5D-51Bp-22Bc)

 

Propos recueillis le 14-06-22 par Anthony V. pour Billion Keys. Crédit photos : Le Parisien.