JOUEUSE PRO Camelia Toumi

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EXCLU : CAMELIA TOUMI (FF ISSY/D1 ARKEMA)

Bien qu’elle ait découvert la D1 Arkema cette saison, le temps d’une entrée en jeu face au PSG son club formateur, Camélia Toumi (21 ans) n’en reste pas moins l’un des plus grands talents de l’élite du football féminin français. Ambassadrice pour la marque Nike, la native d’Aubervilliers rêve de marcher sur les traces de son idole Lionel Messi. Gauche caviar !

Par AnthonyVivien 09 juin 2021




Un seul match de D1 Arkema à ton compteur, mais face à ton club formateur ! Un moment particulier ?

Effectivement, j’ai découvert la D1 Arkema face à mon club formateur, le PSG (ndlr : le 27 février 2021, au Camp des Loges). J’ai ensuite été convoquée à plusieurs reprises dans le groupe, sans entrer en jeu. Malheureusement, j’ai eu le Covid-19 par la suite. Ajouté à cela, je me suis fait une entorse à la cheville, ce qui n’a pas facilité ma fin de saison. Un seul et unique match face au PSG, mais c’est quelque chose quand même ! Mon ancien club où j’ai été formée… Rien que d’en parler, ça m’émeut !

Comment expliques-tu cette entrée en jeu si tardive dans la saison ?

Au début de la saison, l’ancien coach ne m’avait pas intégré dans le groupe fanion. J’ai donc débuté avec l’équipe réserve en R1. Je me suis donné à fond lors des entraînements, et grâce à mes prestations j’ai réintégré le groupe professionnel. Nous étions six joueuses dans ce cas. On a charbonné et ça a payé ! J’ai bossé dur et le nouveau coach a récompensé mes efforts. J’étais déterminé, je ne voulais pas rester en R1.

Certaines de tes ex-coéquipières du PSG sont devenues récemment Championnes de France. Quel est ton sentiment ?

Personnellement, je suis très contente pour elles, car ce sont mes copines. Chacun son heure, chacun son parcours ! Je prends mon temps, ce qui devra arriver arrivera. Je ne suis pas pressée. Chacun a un parcours différent. Nous avons grandi ensemble, c’est vrai. Bien évidemment, j’aimerais être avec elles. Pour cela, il faut que je continue de travailler pour y parvenir.

Malgré un talent indéniable, comment expliques-tu que ton chemin est plus compliqué ?

Franchement, je ne saurais même pas comment l’expliquer. C’est vrai que c’est compliqué. En toute modestie, je pense avoir le niveau de la D1 Arkema. On a tous des défauts et des qualités. Je sais que je dois travailler mon cardio.

Quels sont tes meilleurs moments vécus sur le terrain jusqu’à présent ?

Mon premier titre de champion de France U19 en 2017, obtenu face à l’OL, sous la coupe de Pierre-Yves Bodineau. C’était magique ! Un bonheur ! Surtout face à ce club ! Lina (Boussaha) avait mis un doublé… Nous étions soudées comme jamais ! L’année suivante, nous avions de nouveau remporté le titre. Nous avions un groupe qui vivait bien.

Retrouves-tu cet esprit collectif en professionnel ?

C’est un peu différent, car il y a des différences d’âge au sein de l’effectif. Nous ne sommes pas toutes de la même génération. Les centres d’intérêt sont différents. Le groupe vit bien quand même, mais ce n’est pas pareil. Plusieurs joueuses ont des enfants, ce qui n’était pas le cas en U19 !

Le niveau de jeu en U19 est-il éloigné de celui de la D1 Arkema  ?

Ce n’est vraiment pas la même chose ! Que cela soit dans l’intensité, dans le physique, dans l’impact… Le jeu va beaucoup plus vite, la prise de décision doit être plus rapide.

Possèdes-tu un contrat professionnel ?

Je travaille en parallèle, car je ne possède pas de statut professionnel. D’autres filles de l’équipe sont également dans ce cas-là. C’est vrai que ça peut parfois être fatiguant, mais on s’accroche pour tenir le rythme.

Issy a terminé à la 11e place. Loin des ambitions initiales ?

En tant qu’équipe promue, forcément on souhaite se maintenir. Pour l’instant, nous sommes en ballotage pour nous maintenir en D1 Arkema. La DNCG doit examiner la santé financière de certains clubs, ce qui peut-être jouera en notre faveur. Si nous avions été plus précises dans la finition, nous n’en serions sûrement pas là aujourd’hui. Nous avons une très belle équipe, avec beaucoup de qualités et qui s’entend très bien. On ne mérite sincèrement pas cette place.

Que penses-tu de l’évolution du football féminin ?

Ce n’est pas encore assez médiatisé. Si plusieurs chaînes retransmettaient les compétitions, ça serait différent. Il y a un public existant, mais je suis persuadé qu’il peut encore grandir. On ne pourra jamais comparer une fille et un garçon. Certes, le jeu chez les garçons va plus vite, mais ça n’empêche pas de voir de très beaux matchs chez les filles ! Avec le temps, ça peut évoluer.

As-tu subi des moqueries lorsque tu jouais plus jeune avec les garçons  ?

Dès mes 6 ans, j’ai intégré le club d’Aubervilliers, parmi les garçons. J’ai joué jusqu’en U13 avec les garçons, ensuite je suis partie au PSG. Je n’ai jamais subi d’insultes, de moqueries, jamais rien de méchant ! Ça chambrait gentiment, car ça reste du football… Ils étaient toujours là quand parfois je pouvais me sentir mal à l’aise. J’étais un peu la chouchoute du groupe !

D’où te vient cette passion pour le football ?

Depuis toute petite, j’ai toujours adoré taper dans un ballon ! Je jouais souvent en face de ma cité. Un des plus « grands » est venu voir ma mère pour lui demander de m’inscrire en club. Nous avons échangé ensemble à ce sujet et c’est ainsi que j’ai pris ma première licence au club d’Aubervilliers. Mes débuts se sont très bien passés.

Avais-tu une idole à cette époque ?

Pour être franche, je ne connaissais pas du tout les joueuses féminines. Par contre, j’étais dingue de Lionel Messi ! C’est d’ailleurs toujours le cas. Gaucher et technique, comme moi ! (rires) S’il signe au PSG, ça serait incroyable !

Tu es ambassadrice pour la marque Nike. Pas trop stressant de poser devant l’objectif ?

Ma grande sœur de cœur, Jacqueline, travaille au siège de Nike en France. Elle s’occupe des différents évènements Nike organisés pour le football féminin en France. Elle a proposé mon profil qui a séduit le staff Nike. Dorénavant, je réalise des shootings et des vidéos. C’est vraiment réalisé dans un esprit cool, c’est très plaisant. Pourquoi pas percer dans ce milieu !

Pour clore cet entretien, quel est ton état d’esprit ?

J’espère atteindre le plus haut niveau, ce n’est que le début. Pour l’instant, je donne le meilleur de moi-même pour Issy. Je souhaite avoir du temps de jeu et on verra bien par la suite ce qui se passera. J’en profite pour remercier du fond du cœur Pierre-Yves Bodineau, Guillaume Lemire et Mina Lamlahi qui ont toujours été là pour moi. Je salue également Lina Boussaha (ndlr : Le Havre AC), ma sœur de cœur, qui est un véritable exemple de persévérance. Elle mérite de jouer dans les plus grands clubs !


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Profil

Nom : Toumi

Prénom : Camélia

Née le : 07 février 2000

À : Saint-Denis (93)

Taille : 1m61

Poste : Attaquante

Pied : Gauche

Clubs successifs : Aubervilliers – PSG (2013/2018) – GPSO 92 Issy (depuis juillet 2018)

Nationalité : Française

Sélections : Néant

Palmarès : Championne de France U19 (2017 et 2018)